Vivre dans l’oubli sur la pierre
Casser du sucre sur le dos du monde
D’écrire, d’un mot, redevenir vivant
Rougir de son sang le lac sans lumière
Parcourir l’aurore un couteau à la main
Grogner pleurer fouiner sourire
Marteler les arbres avec sa tête
Modeler l’espace de ses grosses mains muettes
Rayer l’aube
Tapoter en riant sur de petites enclumes
Zigzaguer et tomber
Tic-tac tic-tac, en tombant s’élever
Découvrir sous la paille les amours du matin
Pétrir le vide
Rester coi, faire l’idiot
Coiffer les brumes d’un diadème de mercure
Par derrière retrouver ce qui tuait de face
Jouer avec le temps
Et poser son gros cul dans l’eau froide
Battre des mains pour chauffer l’ennui
Cligner des yeux
Souffler sur le miroir
Et d’un coup disparaître