| Table des matières |
Vivre l’écriture pour déchirer la mort à coups de canif. Chaque lettre devient l’étincelle qui brûle la gorge. Des cheveux d’étoiles noirs comme le mazout s’enroulent sur les verbes.
« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire... »
Prendre les lettres comme de petites allumettes et leur donner la forme des mots. Construire une phrase. Échafauder un texte. Se pendre à la parole. Écraser la virgule. Terminer à point. Sauter les majuscules.
« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire... »
Vriller l’écriture pour tresser sur le temps des lettres saltimbanques. Des syllabes en fleur se bousculent au portillon. Sous les pieds, des vers que l’envie écrase — rude pari, drôle d’extase.
« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire... »
Cette petite voix terrible... Et mon poing dans ta gueule ? Laisse faire. Laisse les phrases s’emmêler. Les mots à la ramasse. Les queues sous les « q », les points sur les « i ». Ta bouche sur l’aurore. Laisse-les s’en mêler.
« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire... »
Cette écriture qui nous articule. Les livres comme des prothèses. La boîte de pandore du moins que rien. L’Aleph à bon marché. L’imaginaire à la petite semaine.
« Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire... »
Quoi d’autre ? « Sous les pavés la plage » ? Et sous les mots ? Le vide. Rien. Qu’un fouillis de nerfs et de veines. Nada !
14 novembre 2008.