On nous tape sur la tête, en-dedans
On nous tape dans le dos, sur le sexe
Sur les pieds
On nous découpe les doigts
On a fondu nos langues dans un métal rouillé
Mais qui tire les ficelles ?
Et sous la nuque, deux ou trois larmes d’acier
Une pointe de flèche dans un genou revêche
Et sur l’iris des yeux, quelques ronces démembrées
De leurs piquants esthètes elles nous rougissent l’hiver
Dépassant des oreilles, quelques fils électriques
En travers d’une main, une barre métallique
Une plaque d’égout en guise de casquette
Un boulon dans les dents et du plomb dans la tête
Mais qui forge les ficelles ?
Étrange bric-à-brac inutile et cassé
Fait de broc et de toc
A des pieds pour marcher et un coeur pour s’éprendre
Un cerveau pour rêver et un cou pour se pendre
Mais où se trouve la corde ?