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Mon sang est habité par des chevaux fous. Je les sais au galop quand mon coeur bat la chamade. On les croit au repos lorsqu’ils ne font qu’un tour. Ces chevaux-là sont sans détour.
Toujours en mouvement, leur course est la mienne. Lorsqu’ils hennissent je m’emballe, lorsqu’ils augmentent la cadence le sang me monte à la tête. Dès lors je rougis, brûlant de les suivre. Je rougis et mes yeux se dilatent, comme se dilatent leurs muscles dans un trot enragé.
Leur tête se lève et sauvage se dirige vers les rêves. Ils sont les gardiens du chaos intérieur. Sans cavalier pour mater la douleur, ils se cabrent et se couchent et se roulent et se dressent à toute heure.
À tout moment vont à la charge. Rien ne les détruit, rien ne les menace. Ils courent à perdre haleine, mais jamais ne fatiguent, et jamais n’ont de cesse. Tuez-en dix, cent viennent à naître.
Ces chevaux-là n’ont pas d’oeillères, non plus de fers. Ces grands chevaux sont sans manières. Ils vont sans terreur et sans peur. Ces chevaux-là sont mon moteur — si je les blesse, c’est moi qui meurs.
9 octobre 2008.