Incendie dans la nuit
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Incendie dans la nuit

(Derniers souvenirs, 2008-2009)
De Emmanuel Saracco
Dédicacé à Hélène, Mélanie, Anne et Sophie
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Le verger du poète

Emmanuel Saracco
Te souviens-tu, poète ?
Du vent qui soufflait dans nos veines
De l’ange amarré aux cheveux de nos rêves
De l’encre furibonde qui claquait aux feuillets
De ces rires des matins comme fenêtres en flammes
 
Te souviens-tu, poète ?
De ces terribles mots qui s’assemblaient en phrases
Des virgules agaçantes qu’on prenait pour la grève
Ces tourbillons enfouis sous la pâte du sommeil
Que sont-ils devenus ces trublions des rêves ?
 
Te souviens-tu, poète ?
Lorsque sans le nommer le point venait en tête
Que des lettres en fête se prenaient pour l’été
Qu’aux guillemets défaits s’accrochaient les idées
Que syllabes éclatées en étoiles renaissaient
 
Te souviens-tu, poète ?
Des rideaux entrouverts sur leurs seins alanguis
De ces cuisses longues et douces
Des ces bouches offertes
Qu’en riant tu baisais
 
T’en souviens-tu, poète ?
Du papier que l’on froisse au réveil épuisé
De cette rage acide d’où s’écoule la peine
Du bruit sourd de la terre quand son coeur est mouillé
La poussière argentée d’un regard qui se perd
 
Souviens-t’en mon ami et poète et demi
Grand oiseau flibustier quand l’aurore te rappelle
Souviens-t’en mon ami quand l’aurore te séduit
Que tu vas accoucher et qu’en toi pousse le verbe
 

23 février 2009.

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