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On m’a privée de tout visage... Le soir je rôde, entre deux âges, le coeur en sang, les veines mouillées. Ma peau gonflée de rudes orages éclate jusqu’à m’en faire hurler. L’éclair sans joie, à mon passage, retrouve l’abîme des condamnés.
Les mains frappent, poumons en flammes, les pieds tonnent, sombre présage, et votre monde peut bien crever !
Je suis l’ange sans nom, l’animal oublié. Je suis la bête infâme, celle que tu as créée.
On m’a privée de tout vécu. On m’a dit « Ne te souviens plus ! » On m’a blessée, on m’a violée, on m’a trahie, on m’a mentie, on m’a tuée.
La nuit je rampe de par vos caves. Je monte en vous pour me venger. Vos yeux rougissent, vos coeurs s’emballent — vous en mourez.
Ces cris sont les miens, vos pleurs mon breuvage... Cet hymne macabre, c’est ma seule joie, c’est votre Fin.
7 août 2008.