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Fuis, ma belle. Ne te retourne pas. Regarde loin devant, là-devant — le soleil qui se lève, la mer qui le libère.
Fuis, ma belle. Ne pense plus aux soupirs, ni à l’heure du dégoût. Ne pense plus à l’archange et ses petits plaisirs. Ne vis plus qu’en chantant les joies et l’avenir — que pour ces lendemains aux rires revivifiants.
Fuis, ma belle. Déploie tes rêves comme une voile. Laisse-toi porter par le vent. Tes yeux émeraudes sont feux et flammes. Tes lèvres fragiles grignotent le temps.
Fuis, ma belle. Ne te retourne pas. Emporte avec toi les restes de l’amour. Retiens en ton sein les mots importants. J’assure tes arrières jusqu’aux derniers instants.
Lorsque tu seras loin, fais-moi signe ma belle, et laisse couler une larme — qu’éternellement je boive le jus de ton chagrin, qu’éternellement je sache ce qui t’a fait partir.
26 octobre 2008.