Lorsque tu rougis
C’est ta bouche qui arbore
Un pli sombre et fatal
Un grand pli fait d’espoir
Et de vie sans vouloir
À jamais revenir
Lorsque tu oublies
C’est ta peau qui sent
Comme un arbre en automne
Est-ce que tu pâlis
Le visage encore ivre
Des anneaux de ces nuits ?
Là où les yeux se ferment
Et où l’oiseau se pose
Là un reflet brumeux...
Là où gisent les rêves
Qu’un vent berce et endort
Là un cri qui se terre...
A-t-il su nos efforts
Ce grand vent paresseux ?
Peut-il rester ainsi
Sempiternel accord ?
Peut-il vraiment suffire
Ce relent d’espérance
Comme un miroir aux morts
Comme une danse macabre ?
Sous les cendres du temps
Une feuille vit encore
Elle nous parle et murmure
En reste souvenir...
N’est-ce pas pire encore
Que ces jeux d’autrefois
Là où sommeillait l’or
de nos joies à l’envi ?
Tu regardes à présent
Ce petit bout de nuit
Qui sauvage inconscient
Rebondit sur les larmes
Et il rit de nous voir
Encore reconnaissant
Le regard extasié
D’être l’Étrange Enfant
Ce souvenir sans nom
Qui jamais n’eut de vie
Ce spectre fait d’amour
Et d’espoir et d’ennui
Cet enfant de passage
Ce petit bout de nous
Ce vaste paysage
Ce grand mensonge éteint